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Pourquoi je vais prochainement arrêter le blog « Happy Millefeuille »

Happy millefeuille

Aujourd’hui je me suis dit avec une certaine légèreté au cœur que finalement le moment était peut-être venu de fermer le blog « Happy Millefeuille ».

Rassurez-vous, je ne boude pas, je ne fais pas face à des problèmes majeurs, tout va bien en sommes. Comme ça peut aller en ce temps de crise, car il ne faut pas croire que l’actualité dans ce pays, que j’ai choisi comme lieu d’habitat il y a 23 ans de ça, me laisse indifférente. Bien au contraire, quand je suis arrivé début d’octobre 1995 j’ai été confronté à une belle crise également. Je travaillais comme jeune fille au-pair dans une famille de classe moyenne à Arcueil Cachan, dans la périphérie sud de Paris et nous étions privé d’école, de services publics et de transport pendant des semaines …
J’avais seulement mon baccalauréat général allemand comme diplôme en poche, autant dire rien, car aucune spécificité pour un marché de travail français, ni allemand d’ailleurs. Je n’étais pas invité à venir en France, encore moins à Paris, en sommes je suis venu par ma propre initiative, un peu comme un immigré. Mes grands-parents étaient réfugiés, immigrés dans mon pays, une sorte de tradition familiale peut-être, mais on ne le nomme jamais ainsi, on préfère le cacher et faire comme si on était des gens comme les autres. Mais qu’est-ce que ça veut dire ? J’ai un énorme respect envers mes grands-parents qui, à l’âge de quarante ans ont tout recommencé à zéro dans un pays entouré d’habitants pas spécialement amicaux. Ils ont toujours gardé une certaine dignité et ils ont su se débrouiller avec le peu qu’ils avaient à leur disposition pour élever leurs quatre enfants, et les enfants de leurs membres de leur famille tués pendant la guerre. Ce n’était pas évident je pense, mais j’ai des bons souvenirs de leur maison et leur jardin. C’est là où j’ai appris à observer la nature, le travail de jardinage, les saisons et apprécier les balades en forêt. Eh bien oui, une balade en forêt ne coute rien et peut s’avérer utile en plus si on connait des champignons. Mes balades et courses à pieds en forêt aujourd’hui font partie de ma façon de me soigner et garder une bonne santé ….

Revenons au présent, ce printemps j’avais déjà pris la décision de mettre ma présence sur le net en suspens. Mon travail autour du blog « Happy Millefeuille » perdait tout son sens, pas dans la vie de tous les jours, mais sous forme de visibilité sur la toile. Et aujourd’hui c’est pareil, plus grave même.
Et il ne faut pas oublier la raison pour laquelle j’ai commencé « Happy Millefeuille », j’avais besoin de me reconstruire après un combat intense de plusieurs années après la crise de 2008 et un projet musical et d’écriture.
Quand je suis arrivée en France c’est la rencontre de mon mari qui a contribué au fait de prendre ma décision de rester. Sans lui j’aurais peut-être continué mon périple, je ne sais pas. Je sais seulement que je ne pouvais pas rentrer dans mon pays de naissance. Je m’y sentais totalement incomprises et je n’y voyais aucun avenir pour moi, c’est aussi simple que ça. Il se trouve que mon mari est auteur-compositeur-interprète avec un certain nombre (incroyable) d’œuvres à son actif. Aussi bien lui que moi, nous n’avons jamais fait comme il fallait. Nous avons accepté les galères, car nous avons choisi des chemins parallèles à ceux ordonnés par le système. Notre entourage nous a constamment grondé, traité comme irresponsable, un peu fou ou idiot, comme si nous ne voulions pas grandir, fuir à nos responsabilités, etc. En sommes, ce n’était pas notre entourage familial, ni personne d’autre d’ailleurs qui nous a soutenu dans nos projets artistiques. Lui, il sait composer des mélodies, chanter, interpréter, moi, je sais inventer des histoires d’aventure, les écrire et leur donner vie. Sauf que ce n’est pas quelque chose qu’on peut vendre facilement, les rêves ne sont pas forcément payant. Dans les années 80 j’ai lu en tant que gamine certains philosophes contemporains, qui se sont inquiétés de la disparition des rêves humains et du temps de vie des gens. Les deux ne font partie d’aucun plan d’action pour gagner du fric, donc allait être éliminés par un système plutôt puissant. Ce débat dure depuis au moins 40 ans, les rêveurs fous, des écolos, des idéalistes n’ont pas été entendu, ce n’était pas forcement « cool » d’être en désaccord avec une société de consommation. Le bonheur devait pouvoir s’acheter argent comptant.
Nous y voilà en fin de parcours en quelque sorte, au pied du mur dans tellement de domaines. Beaucoup ont envie que cela change, envie de « pouvoir d’achat ». Tout le monde en parle, comme si tous les problèmes pouvaient être réglé avec le fait de pouvoir acheter des trucs.
Justement c’est à ce moment que je m’y retrouve plus. Mes petits bonheurs que je mettais en avant surtout au début de mon site, en plein de travail sur ma « Méthode Happy Millefeuille » sont trop petit en comparaison de ce que la majorité exige en voulant plus de pouvoir d’achat. Une tisane, une pâtisserie fait maison, un tricot fait main, un coloriage, courir à pied dans la forêt, prendre des photos … vous voyez, où je veux en venir ? Je n’approuve pas le fait que les réseaux sociaux ont été utilisée pour rassembler des personnes pour casser des biens d’autres personnes, ou des biens de leur patrimoine. Je suis lasse des publicités incessantes sur Facebook, Instagram, etc. Je n’apprécie pas des blogs qui disent exactement ce qu’il faut dire pour obtenir des likes, de l’audition et des collaborations avec des marques, les influenceurs m’ennuient, les phrases sans intérêt me fatiguent, les plaintes inutiles partagé bêtement sur twitter ou Facebook me gavent, les coups de gueules mal expliquées et écrit à la hâte pour se rendre intéressant – je n’en peux plus. Les likes pour le nouveau café à la mode, les vernissages partagés comme des moments formidables pour se montrer et prouver au monde entier – mais quoi en fait ? Que nous sommes importants ? Que nous existons ?

Bon, j’ai envie d’apprécier à nouveau des œuvres d’arts dans mon intimité personnel, sans le partager avec des inconnus sur le net, mélangé à des revendications et des pubs en masse, et des exclamations idiots.
Faire, vivre, construire et bâtir en vrai ne ce fait pas sur internet. C’est un leurre, une perte de temps, une irritation fatiguant et nocif. Le résultat de cette nouvelle façon de vivre ne me convient pas du tout.

Ce qui veut dire que je ferme ce blog bientôt, je continuerais de vivre ma vie, faire mes recherches, écrire, travailler, apprendre et créer. Personne ne doit dire à personne comment il faut faire, des conseils sont souvent inadaptés. Chaque personne peut compter sur quelqu’un pour obtenir ce qu’il veut – lui-même et personne d’autre.

Je sais ce que veut dire de ne pas pouvoir acheter des cadeaux à ses proches à l’approche des fêtes de fin d’année. Mais j’ai toujours trouvé des moyens de faire des cadeaux, de m’habiller mes enfants et moi. J’ai fait énormément de choses pour tenter de faire connaître mes créations ou ceux de mon mari, j’ai écouté des conseils, j’ai été loin dans mes approches, mes rencontres, mes combats, tout pour enfin me rendre compte que les personnes en face de moi savaient exactement à quoi je pouvais leur servir, mais n’avait aucune envie d’écouter ce que je voulais leur dire. Résultat des courses, je me suis retiré de tout ça, j’ai rencontré des « puissants », je n’ai pas fait ce qu’ils voulaient que je fasse, j’ai continué mon chemin et c’était la raison pour laquelle j’avais besoin de ma « Méthode Happy Millefeuille ». Tout réparer, reconstruire et retrouver la joie de vivre et la force de combattre et de créer. Je ne sais qu’une chose : l’argent ne rends pas heureux, c’est vrai, j’ai vue la preuve des nombreuses fois, et je suis confrontée tous les jours à des personnes avec des moyens financiers, stressés, mal dans leur peau, leur vie, leur existence. Ce n’est pas parce que quelqu’un te donne 200 euros de plus par moi que tu va retrouver le sourire et le gout à la vie. Tu va rire à nouveau quand tu aura compris que l’argent est relatif, que tu est plus fort que cette invention humaine destinée à échanger. Mais il y a tellement de façon d’échanger, gagner, construire et faire. Mais il me semble que notre système n’est pas du tout intéressé à ce que ce peuple apprend à vivre avec rien et dans la joie. C’est logique, quand tu trouve des cadeaux fait maison ou chez Emmaüs pas de TVA dans des caisses de l’état.

J’ai confiance dans la vie et je sais que mes enfants vont avoir une bonne vie, car nous allons trouver des chemins ensemble si nécessaire. Mais je sais aussi que nous nous approchons à une forme de voie sans issu et dans chaque fin il y a de la casse si on lutte contre.

Dans des jours à venir je vais me créer un livre souvenir avec mes pages du blog « Happy Millefeuille » car ce sont des premiers textes que j’ai écrit en Français, une langue que j’aime énormément, même si j’écris mes livres en Allemand, ma langue natale.

Je suis resté Allemande, je paie mes impôts sans pouvoir voter dans ce pays, mais je l’accepte car personne ne m’a demandé de venir ici. Voyez ce qu’il va bien, car tout ne vas pas mal, battez-vous pour votre vie, pas pour des idées des autres, pensez à vous et ce que vous voulez vraiment. Si vous ne trouvez pas de réponse à ces questions, c’est vrai, je vous plains et je comprends pourquoi vous aller lancer des pierres pour casser des objets.
Je ne suis pas venu pour changer le monde, juste faire ma vie. Ce n’était pas évident de tout construire en partant de rien, sans contact et piston, sans diplôme ou orientation, juste avec un peu de sens pratique et pas peur d’aller bosser. Je m’en moque de ne pas être quelqu’un dans cette société, juste une « vendeuse qui se débrouille », j’ai trop de chose à faire pour continuer à perdre mon temps sur internet.

Prenez soi de vous, sinon – allez au diable.

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Le Millefeuille de Thomery

Le Millefeuille de Thomery
Le Millefeuille de Thomery

Depuis le temps je n’ai pas encore parlé du fameux millefeuille de Thomery. Je suis allée un dimanche matin et j’avais goûté d’autres spécialités de pâtisserie mais pas encore le millefeuille. Et je me suis dit que je ne pouvais pas seulement utiliser le double sens caché du mot pour mon blog, il fallait aussi faire connaissance de différents millefeuilles. Et pour commencer le plus naturel est d’aller dans la boulangerie la plus proche. Il faut savoir qu’on trouve des meilleures pâtisseries avec le plus grand choix le dimanche matin. Ce qui me semble logique car c’est à ce moment-là que des habitants disposent du temps pour un bon dessert ou un thé en famille ou avec des amis.

Lazy Sunday ... enfin presque !
Lazy Sunday … enfin presque !

Ce dimanche mon mari et moi étions en balade et à notre retour nous nous sommes retrouvé devant une porte fermée sans nos clefs. Nos filles avaient décidé de rejoindre une amie qui heureusement n’habite pas loin. Mes quatre millefeuilles attendaient dans le frigo et c’était l’heure du thé. Il pleuvait un peu et c’était une bonne occasion de rendre une visite à nos voisins. (Si on se rend chez eux à une heure plus tardive il y a forte chance que ça finisse en apéro …)

Nos filles nous ont retrouvés, sont allée chercher des millefeuilles et on avait la possibilité de partager ces énormes gâteaux. Il faut un bon couteau et un coup de main souple pour ne pas détruire ces œuvres tout frais, tout jaune, saupoudré de sucre glace. Et il faut comme il se doit utiliser ses mains pour le déguster. Les millefeuilles de Thomery sont excellents après une longue balade en forêt aux alentours. Frais et consistant avec un thé noir fort c’est parfait. Et c’est très bien aussi pour tous ceux qui dinent tard comme nous …

Donc une bonne astuce concernant des boulangeries à la campagne (et j’écris ça pour des Parisiens), il faut simplement faire ses provisions dans la matinée, entre 9 heures et demie et 11 heures et demie (pas besoin de se lever à l’aube non plus – faut pas exagérer quand même). Un petit « Bonjour, comment allez-vous » pour la boulangère-pâtissière, quelques phrases d’échangé et le tour est joué.

Belle lumière - idéal pour prendre de photos pendant une balade.
Belle lumière – idéal pour prendre de photos pendant une balade.